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Détails de cette étape

  1. Pakuashipi - Unamen Shipu
    Hiver
    2011
    4 au 24 mars 2011
    Pakuashipi
    Unamen Shipu
    440 km
    1060 km

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La marche en images

Partenaires de cette marche

Blogue
Jour 4
11 Mars 2011
Description

Pakuashipi – Noussommes partis du camp 20 (premier camp après St-Augustin) près de la rivière Coxatibi à 25 km à l'Est à 7 h. Nous devions quitter le camp à 6 h pour rencontrer les jeunes à la rivière Pakuashipi vers 11 h, mais l’alarme du cadran n’a pas sonné. Nous avons donc dû nous préparer à la course...

Pakuashipi – Noussommes partis du camp 20 (premier camp après St-Augustin) près de la rivière Coxatibi à 25 km à l'Est à 7 h. Nous devions quitter le camp à 6 h pour rencontrer les jeunes à la rivière Pakuashipi vers 11 h, mais l’alarme du cadran n’a pas sonné. Nous avons donc dû nous préparer à la course... Nous n’avons pris qu`un seul traineau, le mien, et seulement de quoi pour s`hydrater et manger un peu, question d’aller plus vite; aussi, Guy Mark de Pakua est venu chercher notre équipement. Nous avons marché très rapidement à la limite de l'essoufflement pendant près de 25 km et nous avons franchi un bras de mer ayant plus de 12 km de long, qui nous semblait interminable avec le vent de l'ouest de face et des conditions de neige mouillée ainsi que des flaques de neige imbibées d'eau (slush) qui rendaient le traineau très lourd et nos raquettes glacées et inconfortables. Guy nous a rencontrés sur le lac et nous a dit que les enfants nous attendraient, mais nous lui avons dit que nous ne serions pas là avant midi. Nous avons marché en s’en arracher le cœur; nous avons franchi les différents lacs et puis encore deux bras de mer donc la baie de l'anse forte et la baie du nord-ouest. En arrivant à la fin de cette baie, on voyait la tour de communication de St-Augustin et nous pensions que notre calvaire s'achèverait sous peu. Nous étions épuisés, fatigués, mouillés bord en bord de sueur et en hypoglycémie…. Nous n'avions pas assez mangé. En arrivant en haut de la côte, il y avait encore beaucoup de chemin à faire; nous étions sur les batteries de secours, sur notre quatrième souffle, on aurait voulu tout arrêter, mais on a continué à avancer, car des enfants nous attendaient, et pour nous, c’était la seule raison d'avancer. J'ai pensé et prié mon grand-père (nemushum) pour qu'il me donne le courage et la force d'avancer, car j'étais au bord du découragement et de l'épuisement. Nos grands-pères avaient fait des périples dans la forêt (nutshemit) et jamais ils ne se vantaient, plaignaient ou que des gens les encourageaient, et d'y penser, me donnais le courage de mettre un pas devant l'autre sans regarder derrière ni trop en avant, car les montagnes ne semblaient pas avancer. Je comptais les poteaux sur le bord de la piste, qui sont plantés aux 40 pieds et cela nous prenait 20 secondes entre chaque poteau et 1 minute par trois poteaux, pour oublier la douleur aux jambes et aux pieds. Nos jambes tremblaient et on commençait à tituber. Serge Mestekosho nous a rencontrés sur le chemin et nous a dit que nous étions encore à 5 km du village, cela nous a coupé les jambes….. Et que les enfants nous attendaient depuis 11 h et qu'il était 11 h 30 à ce moment. Nous sommes arrivés au dépanneur du village; plusieurs motoneiges nous attendaient dont des professeurs de l'école. Nous avons su que les élèves avaient quitté l’endroit à 11 h 30. Je rêvais d'un jus d'orange, café et un petit biscuit depuis plus d’une heure; Gilberte et Fanny (professeure) nous ont offert cette gâterie. Nous avons traversé la rivière Pakuashipi et nous sommes arrivés à Pakuashipi accompagné du directeur de l'école, Maurice Lamothe, et de deux autres professeurs. Par la suite, nous sommes allés à l'auberge et nous avons pris nos douches. Wow! Quelle sensation après 3 nuits, 4 jours de marche intense et extrême. Nous sommes allés par la suite à l'école pour faire une présentation aux élèves. Nous avons parlé et interagi avec les enfants, éducateurs et parents présents pendant une heure. À la fin, j'ai demandé combien d'entre eux voulaient devenir médecin : 13 ont levé la main….J’ai cru voir quelques flammes dans leurs yeux et peut-être nous avons inspiré quelques jeunes; on le verra dans quelques années. Et puis en sortant de l'école, j'ai embarqué 5 enfants sur mon traineau!!! Nous avons aussi rencontré la directrice de la santé, Nicole Driscoll, et nous avons fait la visite du centre santé… Wow! Quel beau centre de santé, très fonctionnel et moderne. Nous avons ensuite eu un festin avec les ainées du village, entrée de perdrix avec sauce, un trio de pâtés de viande caribou, banique et un duo de desserts de gâteau de petit fruit rouge (airelle) et de tarte de Chicoutai. J'ai mangé jusqu'à la dernière graine… C’était tellement bon. Miam! Miam! Après le souper nous avons reçu des cadeaux, chacun un manteau d'hiver de toile traditionnelle que nous porterons durant notre marche. Et puis les ainées ont joué du Teuikan (tambour), chanté et dansé le makusham (danse innue traditionnelle). Nous avons aussi échangé sur la marche, les jeunes et la médecine traditionnelle. Une fantastique soirée et inoubliable. Demain, il annonce de la pluie et nous allons partir à 25 km de la communauté et marcher jusqu'à La Tabatière, et puis dimanche, marcher avec les gens de Pakuashipi jusqu'à 25 km plus loin et nous faire ramener à La Tabatière, ceci permettant à plus de gens de marcher avec nous, enfants, adultes et ainés.

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